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vendredi, 04 mai 2018 12:46

Centre d'accueil pour demandeurs d'asiles de Belgrade ! Que fait Namur?

Intervention dans le cadre du Conseil communal du 26 avril 2018

Mme G. Grovonius, Conseillère communale PS:

Merci Monsieur le Président.

Je souhaiterais aborder avec vous la question du centre de Belgrade puisque depuis notre dernier Conseil communal, le dossier a évidemment évolué.

Monsieur Francken a confirmé que ce centre fermerait dans les prochains mois, on ne sait pas exactement à quel moment.

Les dernières informations qu'il m'a données, dans le cadre d'une question que je lui ai adressée au Parlement fédéral, confirment la fermeture de ce centre.

Ce qui est surprenant c'est que, quelques jours avant que Monsieur Francken me confirme cette fermeture, vous-même aviez indiqué que vous aviez organisé une réunion et qu'une solution avait été trouvée avec l'ensemble des parties.

Je souhaiterais revenir vers vous, avec plusieurs éléments.

D'une part: comment se fait-il, alors que l'ensemble des parties avaient été réunies, que cette décision tombe quelques jours plus tard?

Est-ce que vous comptez à nouveau réunir l'ensemble des parties autour d'une table pour pouvoir discuter de cette question?

Que comptez-vous faire, le cas échéant?

Si ce centre doit fermer, que comptez-vous faire pour soutenir le Collectif Citoyens Solidaires dans sa démarche? Ce collectif a notamment contribué à la réalisation d'une pétition qui comprend de nombreuses signatures (près de 10.000) qui ont été amenées à Bruxelles ce lundi, que le Collectif a tenté de remettre au Secrétaire d'Etat qui n'a même pas pris la peine de les recevoir de la manière la plus digne qui soit.

On sait que de nombreux travailleurs ont été engagés lors de l'ouverture de ce centre. Est-ce qu'à un moment donné, la Ville compte aider ces travailleurs dans les éventuelles démarches qu'ils auront à entreprendre si ce centre devait effectivement fermer?

D'avance merci pour vos réponses et merci pour votre souplesse.

  1. M. M. Prévot, Président d'assemblée:

Je ne suis pas persuadé d'avoir les réponses à toutes les questions, à formuler au nom du Collège.

En la circonstance, pour les travailleurs qui seraient concernés par la fermeture du centre – comme pour quelconque autre travailleur, puisqu'ils ne bénéficient pas non plus d'un régime d'exception parce qu'ils ont fait un travail formidable – la Ville restera toujours partenaire pour essayer d'accompagner la reconversion professionnelle des uns et des autres. Les services sont à disposition pour pouvoir aider, aiguiller, conseiller même si en la matière, c'est peut-être des organes régionaux qui sont le plus habilités de les épauler que des organes communaux.

Pour le reste, vous connaissez l'opinion des uns et des autres, des différentes formations politiques qui composent cette assemblée sur la perspective de la fermeture et les regrets que l'on a pu majoritairement formuler à cela. Bien que l'on sache que c'était en partie inscrit dans les astres, puisque c'est un centre qui avait une vocation temporaire.

Comme le disait le responsable de la Croix Rouge à l'époque, ce qui est enthousiasmant à constater à Namur, c'est que souvent les gens se mobilisent contre l'ouverture d'un centre. Ici, les gens se mobilisent contre la fermeture d'un centre. Je pense que chacun s'accorde à reconnaître que l'expérience vécue à Belgrade l'a été avec beaucoup de respect et de dignité, avec beaucoup d'engagements et de cordialité. Le premier des mérites, au-delà de la Ville qui a fait le geste de se proposer pour cet accueil, en revient d'abord et avant tout aux bénévoles qui se sont engagés et aux professionnels qui ont assumé un travail quotidien en la matière.

Je n'ai pas de recette ou de baguette magique quant au devenir de cette fermeture. Nous avions déjà interpellés différents interlocuteurs. La décision du gouvernement fédéral semble être assez claire et inéluctable. On veillera à ce que la transition se passe dans les meilleures conditions de respect et d'accompagnement.

A suivre.

Mme G. Grovonius, Conseillère communale PS:

Je vous remercie pour vos éléments de réponse.

Je trouve que ce n'est pas nécessairement satisfaisant. Je pense que quand on est confronté, en tant que Bourgmestre d'une ville telle que la nôtre, à quelque chose qui va quand même s'apparenter à un drame, tant pour les demandeurs d'asile que pour nos concitoyens namurois qui se sont investis dans ce Collectif, mais aussi pour les travailleurs qui sont présents dans ce centre, quand on est confronté à un drame tel que celui-là, on ne peut pas juste se contenter de constater les dégâts.

Comme vous l'aviez fait précédemment, vous aviez pris les choses en main, organisé une réunion, essayé de dialoguer avec l'ensemble des parties. Je pense qu'il faudrait refaire la même chose.

On n'est pas dans un cas, vis-à-vis des travailleurs, où se sont des travailleurs qui perdent individuellement leur travail. Ici, on est quand même confronté à plusieurs dizaines de personnes qui risquent de perdre leur emploi. Donc je pense que cela vaudrait la peine qu'il y ait une réponse plus globale qui soit donnée de la part des instances.

  1. M. M. Prévot, Président d'assemblée:

Je veux bien réunir toutes les parties. Je l'avais déjà fait antérieurement. On a bien vu que cela n'avait pas apporté le résultat escompté pour autant.

Je pense que vous qui êtes députée fédérale avez toutes les armes utiles pour porter le débat au bon niveau de pouvoir et essayer de voir quelles sont les procédures d'accompagnement qui vont entourer la fermeture de ce centre, décidée par le Fédéral.

Cette propension systématique à toujours considérer que c'est au niveau local que l'on doit pallier les carences ou les décisions qui sont faites ailleurs, c'est un peu surprenant.

Je le redis – en mon nom personnel cette fois-ci et pas au nom du Collège – chacun sait combien j'ai été (et ma formation politique également et d'autres) attaché à ce centre et combien nous avons contribué à ce qu'il puisse voir le jour et à se développer harmonieusement. On est, je le rappelle, une des rares communes à avoir spontanément proposé cette démarche d'accueil et, dans les fonctions que j'ai pu exercer antérieurement, à soutenir aussi financièrement le Collectif.

Je ne pense pas pouvoir être suspect en la matière.

Par contre, je n'ai pas envie non plus de faire de l'esbroufe pour de l'esbroufe et réunir pour dire que l'on a réuni, quand il n'y a pas de capacité d'action concrète et directe. Je préfère alors avoir un dialogue bilatéral directement, soit avec la Croix Rouge soit avec Fedasil pour voir comment les choses peuvent se faire.

Mais en la circonstance, il faut aussi éviter de leurrer les gens en leur donnant le faux espoir qu'une implication communale particulière va pouvoir régler leur sort. Je pense que ce n'est pas non plus une marque de respect à l'égard de la difficulté que traversent les travailleurs.

Mais il est évident que chacun, avec sa capacité d'influence qui peut tantôt être très forte, tantôt moindre, tantôt au niveau régional, tantôt au niveau fédéral, aura à cœur – je n'en doute pas – d'apporter sa pierre à l'édifice.

Mme G. Grovonius, Conseillère communale PS:

J'imagine que je peux répliquer du coup.

Merci Monsieur le Président.

Je pense qu'au niveau fédéral, j'ai entrepris toutes les démarches – et je continue à le faire – qui sont celles qui me sont offertes en tant que députée fédérale.

Je pense que nous avons ici autour de la table des sénateurs qui pourraient peut-être intervenir dans ce cadre-là.

Je ne pense pas que l'ensemble de nos formations politiques soient sur la même longueur d'ondes en ce qui concerne ce dossier.

Je ne veux pas leurrer les gens mais je pense que les gens ont besoin de se sentir soutenus dans un moment où ils se sentent confrontés à une difficulté qui est grande.

Dans d'autres lieux, sur d'autres dossiers, cela a été fait. Je citerais notamment le cas de Caterpillar, pour ne citer que celui-là.

Evidemment, c'est beaucoup moins "touchy" que la question des demandeurs d'asile et là, tous les partis arrivent peut-être plus à se coaliser pour trouver des réponses. Je trouve dommage qu'aujourd'hui, beaucoup de personnes dans le cadre de ce dossier se sentent peut-être délaissées par la Commune. C'est sûr que la décision vient du Fédéral, j'en suis bien consciente mais cela se passe sur le territoire de notre commune et c'est pour cela que je pense que l'on doit tous être présents à leurs côtés et montrer notre soutien.

  1. M. M. Prévot, Président d'assemblée:

Je ne vois pas en quoi la Commune délaisse quiconque mais soit. S'il faut reprendre un contact avec les uns ou les autres, on pourra le faire sans difficulté.

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