Gwenaëlle Grovonius

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lundi, 18 février 2019 08:21

Derrière certains noms de rue, notre encombrant passé colonial

Namur passé colonial

La présence dans l’espace public d’allusions au passé colonial est de plus en plus souvent questionnée. Parfois dans un geste contestataire, comme ce kidnapping d’un buste de Léopold II, l’année dernière à Forest. Parfois de manière assumée, comme le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, qui vient d’opérer une refonte intégrant la controverse coloniale.

À Namur, le Centre d’action laïque accueille actuellement, et jusqu’au 1er mars, l’exposition Notre Congo – Votre Congo, qui s’intéresse à la propagande coloniale belge. Parmi les activités en marge de l’expo, une «visite guidée décoloniale» était organisée dans les rues de Namur, ces deux derniers week-ends.

À la manœuvre, le Collectif mémoire coloniale et lutte contre les discriminations. Cette association bruxelloise composée d’une vingtaine de militants existe depuis six ans et propose huit parcours du genre à Bruxelles et un autre à Ostende. «Namur est la première ville wallonne où nous intervenons», explique le guide, Aliou Balde.

Déconstruire les mythes

La balade se concentre à Salzinnes. «Non qu’il n’y ait pas de nombreuses autres traces de l’histoire coloniale à Namur, mais nous ne pouvions pas traverser la ville de part en part», note Aliou Balde. Pendant deux heures, entre les avenues Léopold II, Sergent Vrithoff et Cardinal Mercier, la place André Ryckmans et la rue Père Cambier, le guide s’appuie sur le parcours des hommes ayant donné leur nom aux lieux pour décrire le système colonial, en déconstruire certains mythes et identifier les conséquences actuelles.

Comme l’indique son nom, l’association bruxelloise estime que, sans mise en perspective historique, la persistance de cette mémoire coloniale dans l’espace public contribue à légitimer aujourd’hui encore la discrimination des afro-descendants.

Que fait-on de la question de la «décolonisation» de l’espace public à Namur?

«Je prépare à une motion qui inviterait la Ville à se pencher sur la problématique , indique la conseillère communale de l’opposition Gwenaëlle Grovonius (PS), qui participait ce samedi à la “ visite décoloniale ”. Je pense à la création d’un groupe de travail sur le sujet. Celui-ci pourrait commencer par établir le cadastre des noms de rues et des monuments concernés. Ensuite, il faudra déterminer comment agir: pose de plaques complémentaires, animations dans les écoles, cela reste à évaluer.»

Autre objectif, relève la conseillère socialiste: accompagner dans sa mue le Musée africain de Namur, qui se repense lui aussi sous une lumière «décoloniale».

 - L'Avenir

 

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