Gwenaëlle Grovonius

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La majorité fédérale, en ce compris le MR, a rejeté mercredi, dans le cadre de l'examen d'une résolution à la Chambre, un amendement de l'opposition qui reprenait le texte d'un autre amendement cosigné par l'eurodéputé Louis Michel (MR) permettant d'aller plus loin dans la traçabilité des minerais de conflit. Une résolution votée au parlement européen appelle les entreprises à vérifier, à chaque étape de la production, l'origine des minerais qu'elles utilisent dans leurs produits, afin de garantir, à terme, que ces minerais soient "exempts de conflit".

A la Chambre, la majorité a préféré se ranger derrière la proposition de résolution du CD&V s'inspirant du texte initial déposé par le Parti populaire européen (PPE, conservateur) au Parlement européen. Elle a rejeté l'amendement "Louis Michel" proposé par l'opposition.

La députée PS Gwenaëlle Grovonius a dénoncé la "traçabilité de façade" défendue par la majorité.

L'eurodéputée Marie Arena (PS) avait, avec les sociaux-démocrates, les Verts, la gauche radicale, le Mouvement Cinq étoiles, le centriste Claude Rollin, et certains libéraux dont Louis Michel appuyé l'amendement au Parlement européen, ce qui avait permis de faire évoluer le texte initial du PPE.

Pour éviter que l’achat de votre smartphone finance les conflits armés ou favorise le travail des enfants, vous devez savoir d’où viennent les minerais utilisés pour les fabriquer comme le tantale, l’étain ou le tungstène. Vous devez avoir la certitude que les entreprises actives sur le territoire de l’Union européenne ne sont pas allées acheter ces minerais auprès de groupes qui financent des conflits armés, qui exploitent le travail des enfants, qui aliment la violence. Pour lutter contre ces « minerais des conflits », il faut organiser une traçabilité totale tout au long de la chaine de production de tous les minerais pour toutes les entreprises actives sur le territoire de l’Union européenne.

C’est l’objet de la résolution PS qui est à la base des débats et des auditions organisées par la Chambre depuis trois semaines. Cette proposition de résolution visait à donner au Premier ministre un mandat impératif et sans ambiguïté pour défendre au Conseil européen une traçabilité obligatoire des minerais des conflits. Position défendue conjointement par Marie Arena et Louis Michel au parlement européen.

Le CD&V – membre du Groupe PPE au Parlement européen qui s’est toujours opposé à une telle traçabilité européenne obligatoire – a décidé de déposer une autre proposition de résolution qui porte au Parlement fédéral les revendications des lobbys les plus conservateurs.

Pour le Groupe PS, la majorité - en adoptant ce texte du CD&V - ferait une marche arrière inadmissible par rapport au texte adopté par le Parlement européen : sous des prétextes fallacieux de concurrence déloyale, la majorité détricote complètement la lutte contre ces minerais des conflits.

Et pour la députée socialiste Gwenaëlle Grovonius, cette attitude est doublement inadmissible : « sur la forme d’abord, le CD&V a réalisé un véritable hold-up sur un débat initié par les progressistes du parlement belge. Sur le fond ensuite, le texte du CD&V confisque toutes les avancées que permettaient pourtant notre texte. Louis Michel qui, avec Marie Arena, a tiré vers le haut le débat au Parlement européen, soutenait clairement la résolution PS et nous avait même suggéré des amendements pour l’améliorer. Ce que nous avons fait !» Pour le Groupe PS, vu l’ampleur des enjeux qui se cachent derrière ces minerais – financement de conflits armés, exploitations d’enfants, conditions de travail inhumaines,… - on ne peut pas se contenter de demi-mesures. Il faut des mesures contraignantes en matière de traçabilité, qui n’exonèrent aucune entreprise de cette obligation.

Le Groupe PS demande à la majorité de prendre ses responsabilités : il est impensable que la traçabilité obligatoire obtenue par la Belgique au Parlement européen se transforme en traçabilité de façade par la voix du gouvernement belge au sein du Conseil européen !

Le chef de cabinet d’Alexander De Croo, Ministre de la Coopération au développement, a annoncé aujourd’hui la décision de son ministre de supprimer le Fonds belge pour la Sécurité alimentaire à l’horizon 2020. Cette annonce a été faite lors d’une réunion du Fonds à laquelle assistait la députée PS Gwenaëlle Grovonius.

Pour la députée socialiste, cette décision soudaine et unilatérale est choquante et incompréhensible : « comment un Ministre peut-il, sans aucune concertation, avoir l’indécence de supprimer un fonds créé et piloté par le Parlement ? Et pourquoi Monsieur De Croo supprime-t-il soudainement ce Fonds dans lequel le fédéral a investi, au fil des ans, plus de 500 millions d'euros dans plus de 150 programmes efficaces en faveur de la sécurité alimentaire ? ».

Le Fonds belge pour la Sécurité alimentaire (FBSA) dispose d’un financement fédéral de 30 millions par an provenant conjointement de la loterie nationale et de la Coopération au développement. Il intervient en complément de l'aide d'urgence prodiguée aux populations en difficulté, par le biais d’investissements structurels dans des projets très concrets permettant de répondre au risque de famine dans les zones de l’Afrique subsaharienne.

En plus de 25 ans, l’investissement de la Belgique dans ces différents programmes de coopération, développés sur place avec les acteurs de terrain, fait de notre pays un véritable pionnier en la matière.

La députée Gwenaëlle Grovonius s’étonne de la légèreté avec laquelle le gouvernement Michel décide aujourd’hui de mettre fin à cette longue tradition. Elle interpellera le Ministre de la Coopération au développement, qui n’a même pas pris la peine d’annoncer lui-même cette décision aux membres du Fonds.

 
 

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