Au terme d’une longue procédure judiciaire, l’artiste flamand Jan Fabre a été condamné pour violences, harcèlement et harcèlement sexuel au travail. Il était poursuivi par 12 collaboratrices de sa troupe pour des faits de ce type remontant parfois jusqu’à 2002.

Ce procès est un aboutissement heureux parmi tous les combats qui se mènent pour le respect de ces femmes et de leur corps sur leur lieu de travail. Cependant, cette victoire symbolique n’est que partielle. Si la justice condamne pénalement Jan Fabre, il reste encensé socialement par nos pouvoirs publics, qui continuent d’afficher ses œuvres, et sans que leur retrait soit sérieusement envisagé à ce stade. En Flandre, la demande de notre parti frère Vooruit de retirer ses œuvres du Parlement flamand a été balayée d’un revers de la main par les partis de droite il y a quelques jours. Son travail continue d’orner le plafond de la salle des glaces du palais royal de Bruxelles. Enfin, à Namur, sa tortue trône fièrement juste au-dessus de notre Parlement wallon. Le collectif #BadAss a mené plusieurs actions pour « retirer la tortue!”. Faisant suite à la condamnation de l’artiste pour des violences faites à des femmes, je pense que très logiquement, la Ville de Namur se doit d’agir dans ce cadre.  

De manière plus générale, j’ai, pour ma part, plaidé auprès de la ministre Linard, en charge de l’art public, pour qu’une politique claire soit établie en Fédération Wallonie-Bruxelles en la matière.  

Au travers de cet exemple, on voit combien le combat féministe est un combat de tous les jours et porte sur bien des aspects de notre quotidien qui contribuent, souvent insidieusement, aux inégalités entre les hommes et les femmes dans notre société.  

Pour lire l’intégralité des échanges au Parlement, c’est par ici (pp. 57-59).